La théorie de l'Agence (Jensen et Meckling)

La théorie de l’Agence de 1976 Jensen et Meckling tire son origine de la problématique des asymétries d’information. Le concept d’asymétrie d’information a été développé par plusieurs auteurs comme O.Williamson, R.Coase, G.Arkerlof, J.Stiglitz. L’asymétrie d’information se définit comme une situation dans laquelle il existe un déséquilibre dans la possession d’information(s) pertinente(s) lors de l’échange.

La théorie de l’agence met en avant les problèmes liée aux asymétries lors de la relation entre le principal qui délègue un pouvoir de décision et l’agent qui logiquement use de ce pouvoir.

En outre ce déséquilibre peut apparaître avant la conclusion du contrat. On parlera alors de sélection adverse ou antisélection, Akerlof en 1970 mettra en avant le marché des voitures d’occasion pour illustrer ce principe. Le vendeur d’un véhicule possède toutes les informations sur l’état réel de ce dernier. L’acheteur, quant à lui n’a pas les mêmes informations et le risque de faire un mauvais choix et le vendeur peut profiter de cette situation (situation d’opportunisme). Les “tacots” (“lemons” chez Akerlof) sont alors susceptibles d’être vendu aussi bien qu’un véhicule en bonne état.

Le déséquilibre peut également arriver pendant la réalisation du contrat lorsque la relation est entamée, on parlera alors d’aléa moral. La situation d’aléa moral peut être représenté par l’exemple suivant : directeur général et actionnaires.

Dans le cadre d’une organisation et de la gouvernance d’entreprise il s’agit des actionnaires qui joue le rôle du principal et le directeur général nommé qui est l’agent. Il y a alors une “relation d’agence” qui s’établit entre les deux parties et la problématique rencontrée provient de possibles intérêts divergents entre ces derniers. L’agent peut alors user de se pouvoir et faire preuve d’opportunisme pour défendre ses propres intérêts plutot que de défendre ceux du principal, ici les actionnaires

Jensen et Meckling distinguent trois différents coûts d'agence

  • Coûts de surveillance et d’incitation (ou monitoring) : Ces coûts regroupent les système d’intéressement et les différents outils de contrôle de l’action du dirigeant.

  • Coûts de dédouanement (ou d’obligation) : Il s’agit notamment de la publication des comptes et des rapports de l’organisation.

  • La perte résiduelle : il s’agit simple du coût d’opportunité qui se définit par ce que l’agent économique au sens large perd lorsqu’il fait un choix lors de l’échange. C’est alors dans ce cas l’écart entre le résultat produit par l’agent dans sa gestion de l’organisation et la gestion du principal si ce dernier la place de dirigeant.

Les signaux pour réduire les risques d'agences

Pour éviter les risques de sélection adverse. L’agent peut envoyer des signaux (théorie des signaux de Spence 1973)  pour justifier de ses compétences ou encore de la qualité de son produit. Un contrôle technique récent est un signal positif pour le vendeur de voiture, ou encore une possibilité de garantie étendue si vous échangez avec un professionnel. Dans un autre contexte, les diplômes sont également des signaux permettant de justifier d’un niveau de connaissances et de compétences suffisamment élevé. Le signal est alors une information qui nécessite une interprétation du principale et qui permet d’orienter son choix final. Un prix élevé pourra alors envoyer l’information que le produit est d’une qualité supérieure sous condition que le destinataire de l’information l’interprète comme telle.

Les incitations dans la théorie de l'agence

La relation d’agence est une situation de relation contractuelle entre deux parties. De ce fait la théorie de l’agence est une théorie qui met en avant l’importance d’inciter la partie au contrat en situation avantageuse au niveau informationnel. Les incitations sont sources de coûts comme nous l’avons vu dans la rubrique précédente. Néanmoins, la présence de ces incitations a pour principale but de réduire les éventuels dommages par un agent opportuniste. Les contrats incomplet (Hart et Moore 1990) sont sources d’opportunismes et les mécanismes d’incitations vont permettre de réduire cette tentation pour l’agent de profiter de la situation d’aléa moral.