Les cycles de Kondratiev

Les cycles de Kondratiev ont été conceptualisés par l’économiste Russe du même nom Nikolai Kondratiev. Son travail sur les cycles sera notamment mis en avant avec les travaux sur l’innovation de Joseph Schumpeter. Les cycles de Kondratiev sont des cycles économiques longs (40 à 60 ans) contrairement aux cycles de Juglar (entre 5 et 11ans) ou de Kitchin (entre 3 et 4 ans). A l’origine Kondratiev illustrera ses cycles avec une phase ascendante dû à de nombreux investissements et une augmentation des prix du fait d’une répercussions des coûts de production plus important. La phase descendante vient logiquement avec la baisse de la consommation à cause de l’augmentation des prix. La phase ascendante est d’environ 20 ans et l’activité se stabilise ensuite sur 10 pour finir sur une phase descendante de 20 ans.

Schumpeter et les cycles de Kondratiev

Comme nous l’avons déjà vu, ces cycles ont grandement intéressé Joseph Schumpeter dans ses travaux sur l’innovation. Les conclusions de Kondratiev ne lui parurent pas assez satisfaisantes. Il attribuera alors une nouvelle interprétation aux cycles économiques de Kondratiev en y ajoutant une vision sur l’innovation. Les cycles longs sont alors des représentations des grandes innovations et de leur déclin. La phase ascendante commence tout d’abord par l’innovation qui dans bien des cas est une innovation de rupture. La croissance se poursuit grâce au phénomène de grappes d’innovations évoqué dans l’article sur Schumpeter. Ensuite, les innovations se stabilise et décline jusqu’à l’arrivée d’une innovation plus performante qui vient remplacer l’innovation en déclin, il s’agit de la destruction créatrice de Schumpeter.

cycle de kondratiev

Les cycles économiques de Kondratiev sont souvent mis en avant pour contrebalancer les théories de Gordon ou de Hansen sur la stagnation séculaire. Cependant ces cycles ne seront peut être pas tous égaux en termes de longueur car la révolution digitale possède des particularités que nous pouvons distinguer des autres révolutions industrielles. Erik Brynjolfsson et Andrew Mc Afee dans le deuxième âge de la machine mettront bien en avant cette distinction apportant ainsi une thèse plus optimiste que celles évoquées par Gordon et Hansen.