Les évolutions du système financier

Le système financier a subit de nombreuses évolutions et continue de changer à toute vitesse.  Il est alors intéressant de commencer par quelques chiffres révélateurs et définitions pour comprendre le contexte dans lequel notre économie évolue.

Définitions et chiffres

Le système financier a pris une importance hors du commun et les chiffres en témoignent. Tout d’abord, il y a aujourd’hui 29 banques systémiques dans le monde. Pour rappel, une banque systémique est une banque qui par sa taille, sa diversification financière et géographique, peut affecter le monde entier en cas de faillite. Dominique Plihon nommera ces banques des “colosses aux pieds d’argile” du fait de leur puissance financière mais de la fragilité inhérente à leurs activités risquées.

De plus, les échanges financiers représentent aujourd’hui des sommes faramineuses. Nous comptons que chaque année, plus d’un million de milliard de dollars sont échangés sur le marché des changes et environ 700 000 millions de dollars sur le marché des produits dérivés. Ces sommes difficilement imaginables nous donnent une idée claire des sommes mises en jeu.

De surcroît, les banques sont de plus en plus “déconnectées” et cela dans plusieurs sens. Tout d’abord, il y a l’apparition de plusieurs acteurs du système financiers qui n’agissent qu’en ligne ce qui modifie la manière dont les agents économiques utilisent les outils financiers notamment la désintermédiation

Enfin, le système financier malgré les Accords de Bâle, est de plus en plus instable. Les bulles financières se forment de plus en plus et avec des sommes trop importante pour être inoffensive.

Evolutions des activités des banques

Durant les années 2000 le système financier a connu un tournant particulier avec une forte évolutions des échanges sur le marché des capitaux. Les agents économiques ont commencé a échanger beaucoup plus de biens via ces marchés aussi bien pour investir que pour vendre. Cette évolution des échanges étaient à l’origine un bon outil de financement de l’économie. Néanmoins, à ce jour, les échanges sur le marché des capitaux sont en réalité beaucoup plus des activités spéculatives avec notamment l’importance croissante du trading haute fréquence qui est un mode de trading automatisé par des algorithmes. En outre, nous remarquons aussi que la part relative des crédits dans les bilans des banques françaises ne représentent plus que 10% des actifs. Ces deux aspects sont des illustrations pertinentes de dont nous parlions dans l’introduction à savoir le fait que le système financier est aujourd’hui instable mais qu’il représente également des sommes astronomiques.

De manière globale, les banques ont grandement gagné en taille d’où l’augmentation du nombre de banques systémiques. Néanmoins ces évolutions ne sont absolument pas proportionnelles avec leur impact dans le financement de l’économie. Il y a donc une disproportion visible entre l’action des banques sur l’économie réelle et leur bilan économique. 

Les années 2000 ont aussi vu l’arrivée de ces (trop) nombreuses banques systémiques. En effet, ces dernières sont en réalité plus nocives pour le marché qu’utiles pour le financement de l’économie. D’autant plus qu’elles ne sont pas d’une efficacité certaine puisqu’elles se partagent un marché gigantesque ce qui forme un oligopole contraignant pour les usagers. En effet, les services proposés se révèlent de plus en plus cher et le marché ne voient pas de nouveaux concurrents de taille pour faire baisser les prix. De plus, ces banques sont nocives car leur hypothétique faillite peut créer une crise mondiale. La financiarisation de l’économie et la présence de ces banques agissant au niveau mondial fait que la crise se diffuserait partout. 

Enfin, leur nocivité fait que ces banques sont également caractérisée comme étant ” Too big to fail “. Autrement dit, leur force systémique est telle qu’il n’est pas possible de laisser ces banques en faillite. Par conséquent, les Etats auront tendance à soutenir économiquement ces banques en cas de crise ce qui représente un coût considérable mais moindre que si une crise était déclenchée. Cependant, ce sauvetage quasi systématique des organismes financiers peut provoquer des comportements déviants au sein même de ces banques. Les activités à risquées sont les plus rentables mais également les plus à même de créer des crises systémiques. Ainsi, un banquier peut être incité à prendre des risques sans que la banque en assure les conséquences. C’est pourquoi, les Accords de Bâle ont été mis en place en demandant notamment aux banques d’avoir des fonds propres plus important pour résister à un éventuel choc (8% de fonds propres au bilan dans les Accords de Bâle III avec un rajout de ce qu’on appelle un coussin de conservation de 2,5% donc un total de 10,5%). Les Accords de Bâle III ajoute également des détails comme un autre coussin de conservation contracyclique de 2,5% max mais également et surtout des  exigences supplémentaires pour les banques systémiques pouvant faire monter à 15% la demande fonds propres. Ces protections ont été utiles certes mais des économistes comme Jézabel Couppey-Soubeyran préconise notamment de renforcer encore la législation déjà en place.

L'apparition du Shadow Banking

Ces dernières années ont vu la naissance du shadow banking qui peut se définir comme un ensemble d’entités financières non-bancaires. Ces dernières réalisent des actions similaires à celles des banques sans être pour autant sous la même réglementation. Les hedge funds ou encore les véhicules de titrisation qui revendent des paquets de créances bancaires sous forme de titres. Ces derniers sont d’ailleurs l’une des causes de la crise de 2008

Le shadow banking représente en 2015 environ 70 000 milliards de dollars en termes d’actifs. Les réglementation Bâle après la crise de 2008 on fait dire que le shadow banking a connu son essor du fait de la crise. Ceci est en partie vraie car ce dernier continue d’évoluer mais il était déjà présent avant est fait partie même des causes de la crise du fait de son contrôle difficile par les institutions. 

Finalement, nous aurions pu nous attendre à une forte réduction de l’instabilité financière avec l’avertissement notable qu’à été la crise de 2008. La faillite de Lehman Brothers et les répercussions désastreuses de cette crise sur l’économie mondiale aurait dû permettre de renforcer nos réglementations. Cependant, des organismes réussissent à passer outre d’autant plus que ces organismes vont interagir avec des organismes financiers bancaires. Ce lien entre une finance non réglementée et les banques institutionnalisées est un facteur de risque non négligeable à traiter si nous voulons réduire les cas de crises financières.