La services écosystémiques et les valeurs de la nature

services écosystémiques

Comme nous avons pu le voir dans l’article sur la pensée économique et la nature, cette dernière n’a pas toujours été considérée comme une forme de richesse. Cependant, des travaux plus récents notamment ceux de Jacques Weber et Robert Costanza ont permis de définir des valeurs aux ressources naturelles mais également des services rendus aux êtres humains appelés services écosystémiques.

Les services écosystémiques

Les services écosystémiques correspondent aux services rendus par les écosystèmes naturels. Ces derniers sont distingués en 4 types différents:

  • Les services d’approvisionnement : Il s’agit des éléments que nous trouvons dans la nature que nous pouvons récolter pour consommer directement comme des fruits ou alors que nous pouvons transformer comme le bois ou les minerais.
  • Les services de régulation : Ces services correspondent à des aspects plus difficiles à remarquer d’un coup d’œil. Il s’agit des activités de pollinisation par exemple ou encore de l’épuration de l’eau et de l’air. Les arbres notamment qui permettent de fixer le carbone et de le limiter dans notre atmosphère offre un service de régulation.
  • Les services de soutien : Il s’agit tout simplement des activités naturelles qui vont venir accompagner les autres activités. La présence d’espaces verts notamment vont permettre d’englober ces différents services.
  • Les services culturels : Il s’agit des services immatériels rendus par des ressources naturelles et communes comme par exemple un beau paysage ou une forêt publique permettant d’y réaliser des loisirs.
Si nous reprenons ces services d’un point de vu économique, nous devons voir les ressources naturelles comme un capital qui nous rend des services écosystémiques. Ces services seraient donc si nous poursuivons la comparaison des sortes de “dividendes” obtenus grâce à la bonne gestion du capital naturel.

Les valeurs des services écosystémiques

Les valeurs des services écosystémiques ont été défini avec une typologie notamment mis en avant par Costanza et Weber. Cette typologie est aujourd’hui reconnue partout et utilisée pour distinguer les différentes valeurs des services écosystémiques. Elle distingue les valeurs d’usage et les valeurs de non usage qui contiennent elles-mêmes plusieurs valeurs distinctes. 

Les valeurs d'usage

  • La valeur d’usage direct (ou de consommation) : Il s’agit de la valeur qui provient directement de l’exploitation ou de la vente de ressources naturelles.
  • La valeur d’usage indirecte : Elle correspond à la valeur des activités de régulation tout simplement. Plusieurs sont utilisées pour donner une estimation chiffrée de la valeur des activités comme la pollinisation ou la photosynthèse. En 2005 les travaux du Millenium Ecosystem Assessment ont pu donner une estimation large de la valeur monétaire de l’activité de pollinisation qui va de 235 à 577 milliards de dollars.
  • La valeur d’option :  Cette valeur est plus particulière et part du postulat que les ressources que nous pouvons détruire dans le présent auraient pu nous révéler des utilités dans le futur grâce à des recherches. Ces recherches permettant ainsi de déceler une valeur intrinsèque et monétaire à ces ressources. C’est le cas notamment de certaines plantes dans lesquelles nous avons découvert des principes actifs essentiels à la fabrication de certains médicament. Elle correspond à une valeur dont on ne connait pas encore l’usage c’est pourquoi détruire une forêt peut engendrer la perte de ressources naturelles essentielles dans le futur.

Les valeurs de non usage

  • La valeur d’existence : Elle correspond à la valeur que l’on attribue à la simple existence d’une chose ou d’un être vivant comme un animal. C’est une valeur morale à laquelle on attribue une valeur monétaire. Par exemple vous pouvez attribuer une valeur d’existence au simple fait de savoir que les pandas existent ou d’autres animaux qui n’ont pas forcément la même force symbolique.
  • La valeurs de legs : Il s’agit de la valeur que l’on accorde au fait de pouvoir léguer la ressource naturelle en question. Le fait de pouvoir offrir aux générations suivantes une ressource qu’elles puissent en profiter est génératrice de cette valeur.

Comment calculer la valeur des services écosystémiques ?

Il existe plusieurs méthodes de calcul des valeurs des services rendus par les ressources naturelles. Salles proposeras en proposera 3 en 2010 qui sont les suivante : 

  • La méthode sur les préférences révélées : Cette méthode ne s’applique qu’aux valeurs d’usage réelles car elle se base sur les préférences des individus. Ce postulat part du principe que lorsqu’un individu choisit un produit plutôt qu’un autre cela veut dire que ce produit est préféré par l’agent économique. Dans le cas d’un bien naturel nous pouvons le calculer avec le coût du déplacement nécessaire pour profiter de la ressource naturelle. Par exemple vous habitez à Paris et vous souhaitez vous rendre aux calanques de Marseille: la valeur sera représentées par le coût du déplacement en carburant pour aller jusqu’aux calanques. En outre, il est possible de calculer la valeur de manière approximative avec notamment la différence de prix entre deux biens immobiliers homogènes en fonction de la proximité de l’un avec un espace naturel comme une forêt. Les biens proches des espaces verts en villes ont très souvent une valeur supérieure aux autres biens similaires.
  • La méthode sur les préférences déclarées : Il s’agit simplement de poser la question aux agents économiques par le biais d’enquêtes. Cette méthode n’étant pas très précise elle est relativement critiquée et cela du fait des biais inhérents aux méthodes de questionnaire.
  • La méthode sur les coûts observables : Cette méthode se base sur les coûts qui seraient provoqués notamment en cas de disparition du services étudiés. On calculera alors le coût des éventuels substituts à ces éléments naturels par exemple le coût d’une pollinisation manuelle dans un champs. 

Finalement, nous pouvons voir que les travaux économiques ont évolué et ont permis d’établir des valeurs plus précises à des biens qui n’en n’avaient pas au préalable. Il aura fallut alors de nombreuses années pour arriver à ce stade de considération des biens naturels. Cependant, les principaux indicateurs et la vision orthodoxe restent axés sur des outils ne prenant pas en compte les ressources naturelles. Nous continuons ainsi à travailler avec des bases comme le PIB alors que peut-être devrions-nous revoir nos modèles de réflexion adaptés à cette considération nouvelle des ressources naturelles dans notre économie.