Les théories de l'économie internationale

théorie de économie internationale

L’économie internationale aussi a été théorisée en partie et de grands auteurs et courants se sont exprimés sur ce sujet et nous traiterons dans cet article des bases théoriques de l’économie internationale. Nous traiterons alors plusieurs courants de pensée et auteurs de façon relativement synthétique l’intérêt étant surtout d’avoir une vision holistique de ces pensées.

Le mercantilisme et l'économie internationale

La pensée mercantiliste apparait au milieu du XVème siècle et s’arrêtera de prospérer au milieu du XVIIIème. En France nous retrouvons Jean Baptiste Colbert qui sera secrétaire général des finances sous Louis XIV et aussi le politologue angevin Jean Bodin qui apportera aussi ses travaux sur le mercantilisme. 

Pour rappel, le mercantilisme se base sur l’idée que l’accumulation de richesses et notamment de métaux précieux comme l’or est la source de richesse économique. De ce fait, le mercantilisme est profondément contre le libre échange et se base plutôt sur le fait qu’il faut vendre un maximum aux pays étrangers tout en évitant de leur acheter des produits. Ce type de comportements économiques causent cependant de fortes tensions et peut se révéler vecteur de guerre car les conflits commerciaux ont souvent été à l’origine des conflits armés. 

Les physiocrates et le libre échange

Les physiocrates dont nous avons déjà parlé plus en détails dans l’article sur la pensée économique et la nature est un courant de pensée exclusivement français dans lesquels se sont exercés de grands économistes comme Vincent de Gournay connu pour sa célèbre déclaration ” Laissez les hommes, laissez passer les marchandises” qui évoque l’arrivée des premiers courant libéraux. Il sera également accompagné de Quesnay dans la pensée physiocrates. Turgot secrétaire général des finance sous Louis XVI et économiste partisans des théories physiocrates mettra en oeuvre des politiques en ce sens.

 Ces dernières auront de multiples effets et certaines auront des conséquences dramatiques sur la France et les historiens défendent l’idée qu’il est l’un des principaux responsables de la Révolution Française. Il mourra quelques années avant en 1781 à 53 ans sans pourvoir observer les conséquences finales de ses actions politiques.

Les physiocrates sont qualifiés comme étant le premier courant libéral et de ce fait il favoriseront le libre échange en voyant cela comme un moyen d’enrichir les nations. Ils seront alors suivis de près par les classiques qui viendront détailler leur vision du libre échange.

Les classiques et néo-classique sur les échanges commerciaux internationaux

Les classiques sont des libéraux continuateurs des idées physiocrates, dans cette partie nous traiterons de certaines théories des classiques et ensuite nous traiterons des théories des néo-classique qui sont eux cette fois les continuateurs des classiques. 

Adam Smith et la théorie des avantages absolus

Il n’est sans doute pas nécessaire de faire une grande présentation d’Adam Smith qui est sans l’un des économistes les plus reconnus notamment avec son concept de la “main invisible”. La théorie des avantages absolus à elle été évoqué en 1776 lorsqu’il publia son célèbre ouvrage Recherches sur la nature et les causes de la richesses des nations. Cette théorie met en avant les idées suivante : 

  • Il y a avantage absolus lorsqu’une personne/entreprise produit plus qu’une autre personne/entreprise avec la même quantité de facteurs de production
En mettant en avant cette idée, une nation A calcule pour X facteurs de production combien elle produit de tissus par exemple. Si pour une nation B avec le même nombre X de facteurs de production, la nation A produit plus de tissus, cette dernière a donc un avantage absolu et n’a donc pas d’acheter des tissus à la nation B. Les Etats n’ont pas d’intérêts à acheter un produit qui sera plus coûteux car plus difficile à faire dans un autre pays. Cette théorie est notamment une très bonne base pour explorer la théorie tout aussi connue de Ricardo, les avantages comparatifs.

La théorie des avantages comparatif de Ricardo

Théorisée en 1817 dans son ouvrage Principes de l’économie et de l’impôt David Ricardo économiste britannique apportera l’idée suivante. Ce dernier explique qu’une nation a tout intérêt à se spécialiser dans la production de produits pour lesquels elle possède un avantage absolu. Cependant cette théorie ne fonctionne que dans une économie libéral et donc de libre échange. Ricardo expliquera alors que de cette manière, la nation accroîtra sa richesse car en se spécialisant et en augmentant sa productivité il peut tirer des bénéfices plus important que les autres pays et profiter de la spécialisation des autres nations dans d’autres domaines pour se fournir. 

La théorie de Ricardo est cependant à prendre en compte avec de multiples aspect. Tout d’abord Ricardo se base sur la concurrence pure et parfaite. En outre, Ricardo ne prend pas en compte les possibles économies d’échelle les rendements sont considérés comme constants. Ricardo ne prend pas en compte les éventuels coûts de transports qui en réalité sont décisifs dans le choix des échanges commerciaux comme nous l’avons vu dans notre article sur l’histoire de l’économie internationale. D’autres faiblesses viendront affecter cette théorie comme l’homogénéité des produits qui ne peut être possible, les différences éventuelles de monnaies et de taux de change non pris en compte.

Le modèle de Ricardo est un modèle en réalité simplifié du commerce international est en réalité un pays n’ayant pas d’avantage sur une certaine production peut en réalité tirer des intérêts à cette production. Par exemple avec le cas de produits stratégiques où une nation à tout intérêt à avoir une maîtrise de ses biens comme le cas de l’industrie pharmaceutique. De plus, notre époque a montré que l’internationalisation est tellement forte que les entreprises, si elle ne peuvent pas tirer d’avantages dans leur pays, auront tendance à délocaliser plutôt qu’à changer leur production.

Nous pouvons également mettre en avant que la spécialisation a un réel risque pour une nation. Si nous prenons le cas des théories Schumpétériennes, nous pouvons voir qu’elles montrent la faiblesse de la spécialisation. En effet, si un pays se spécialise dans un domaine et que cette spécialisation est victime de la destruction créatrice Schumpétérienne, ce dernier risque de voir son économie brutalement chuter. Ce cas peut également évoquer celui de croissance appauvrissante de l’économiste indo américain Jagdish Bhagwati qui explique en quelque sorte que la spécialisation dans un domaine et notamment une ressource naturelle peut avoir des conséquences grave en cas de crise de cette denrée. L’un des cas les plus révélateur est celui du Venezuela qui est un grand exportateur de pétrole et qui n’a pas su profiter de cette ressource pour se diversifier et s’enrichir comme les pays du Golfe persique. Ainsi, ce pays en partie affaibli par une situation politique instable, ne réussit pas à sortir de la crise car leur gestion économique du pétrole a été très mauvaise jusqu’à présent.

En plus de ces faiblesses on peut également parler du Paradoxe de Graham qui évoque le fait que les spécialisations ne se valent pas avec le temps. Graham explique en effet que certains produits sont plus sensibles aux rendements décroissants et donc il n’est pas toujours pertinent de se spécialiser dans les produits trop sensible à cette décroissance des rendements. Le cas de l’agriculture étant l’exemple le plus pertinent pour illustrer cette problématique des rendements décroissants.

La théorie des avantages comparatifs a néanmoins permis de faire avancer les théories du commerce international nous offre la possibilité de voir un modèle très connus qui reprendre cette base conceptuelle, le modèle HOS.

 

Le modèle HOS (Heckscher - Ohlin - Samuelson - Stopler)

Comme nous l’avons évoqué précédemment, le modèle HOS suit les travaux de Ricardo. Il ne s’agit pas d’un travail des 4 auteurs cités dans le titres mais de l’assemblage des travaux de Heckscher et Ohlin et ceux de Samuelson et Stopler. 

Tout d’abord, nous devons voir les différences principales avec le modèle Ricardien qui considère uniquement les avantages comparatifs par les différences de productivité notamment grâce aux progrès technologiques et les gains de productivité qui y sont liés. Le modèle HO ne met pas la technologie comme un élément fondamental des avantages et les auteurs considère cette dernière comme un avantage uniquement temporaire. Les économistes mettent en avant d’autres facteurs exogènes dans l’apparition d’avantages comme le climat, la fertilité de la terre ou encore la culture du pays. Hecksher et Ohlin agrégeront cela dans 3 grands principaux facteurs : la terre, le capital et le travail. Ils justifient alors que si l’on produit dans un pays particulier c’est pour profiter de ses ressources disponibles.

Le modèle de Samuelson et de Stopler est un peu différent. Ce dernier explique les choses suivantes :

  • Lorsque le prix d’un bien augmente, la rémunération du facteur de production dominant augmente également. Dans un sens contraire, la rémunération du facteur de production qui ne prévaut pas baisse.
  • Exemple 1 : Prenons la France, une économie développées dans laquelle nous exportons surtout des produits nécessitant des capitaux important comme des machines outils. Ainsi, la rémunération du facteur capital augmente tandis que le facteur travail baisse et donc les rémunérations ont tendance à stagner voire baisser.
  • Exemple 2 : L’Inde, pays émergents principalement producteurs et exportateurs de bien nécessitant une importante main d’œuvre. La rémunération du travail et donc des salariés augmente tandis que la rémunération du capital baisse.

Le modèle HOS se base alors sur ces deux grands travaux d’économistes reconnus et il permet d’avoir une vision plus précise et plus pertinente sur l’économie international. Ce modèle permet aussi une plus grande compréhension de l’histoire économique et des actions des entreprises et des nations.