L'influence du digital sur l'organisation

La révolution digital à fortement modifié les modes d’organisations des entreprises. Cette révolution est d’ailleurs  toujours en cours et de nombreuses innovations apparaissent encore de nos jours provoquant ainsi des perturbations de nos modes d’organisations. Nous allons voir alors les différents impacts des nouvelles technologies sur les organisations.

Un impact sur l'unité de lieu

Tout d’abord, l’apparition des outils comme internet, le cloud ou la communication mobile a perturbé et fait perdre l’unité de lieu. Nous pouvons d’ailleurs baser notre réflexion sur les travaux d’Edward T. Hall anthropologue américain qui développera le concept et néologisme de proxémie qui désigne le rapport de l’Homme avec son espace matériel. Elle regroupe l’ensemble de ses observations par rapport à l’espace ce qui permet notamment de définir le concept de distanciation physique qui variera notamment en fonction des cultures pour lesquels la proximité est plus ou moins acceptée. L’anthropologue propose 4 niveaux de la proxémie avec du plus proche au plus éloignés : Intime – Personnel – Social – Public. Ainsi le développement des outils digitaux ont perturbé la proxémie des salariés par rapport à d’autres avec une séparation physique et matérielle qui a commencé à s’opérer. Le contexte sanitaire de 2020 a notamment renforcé cet aspect avec un développement important du télétravail pour lequel de nombreux salariés se sont plaint du problème de contacts sociaux. Néanmoins, il faut prendre en compte également le biais lié à l’épidémie elle-même qui a coupé de nombreuses relations sociales et cela même hors du travail. Il faudrait alors étudier ces changements dans un contexte plus stable permettant ainsi de voir une éventuelle compensation du besoin de relations sociales via des relations externes au travail.

Perturbation et modification de l'unité de temps

Le scientifique Joel de Rosnay a longuement travaillé sur le temps et en distingue d’ailleurs différents types. Tout d’abord, il parlera de temps long pour désigner des séquences sur lesquels nous possédons plus ou moins une maîtrise. Il s’agira notamment du temps de l’adolescence, des vacances, du travail. Ces séquences temporelles sont adaptées d’ailleurs à des séquences de temps sociaux qui collent à ce que la société impose avec notamment le système scolaire qui fixe les périodes de vacances et de travail mais aussi l’entreprise qui divise le temps consacré à l’organisation sur la semaine. Ce temps est une contrainte pour l’individu qui a alors développé des séquences de temps court qui vont être des formes de distractions pour s’échapper un instant. Il s’agira notamment de regarder une vidéo sur Youtube, faire défiler le fil d’actualité d’un réseau social. Ces distractions ne sont pas forcément bonnes ni mauvaises a première vue. Cependant, les outils cités en exemple sont programmés pour saisir et monétariser ces temps courts qui deviennent néfaste car addictifs et vous détournent ainsi de projets. Joel de Rosnay rajouterai l’idée du temps large qui correspond à une forme de capital dans lequel il faudrait investir pour pouvoir se dégager du temps pour se recentrer sur soi-même par rapport à cette société où le temps défile particulièrement vite. Ainsi, les outils digitaux peuvent, en fonction de leur utilisation, vous servir à accumuler ce capital temps en vous en faisant gagner mais aussi saisir les bribes de temps que vous avez avec des distractions néfastes.

En outre, Zarifian reprendra le concept de temps spatialisé de Bergson qui représente la mathématisation du temps sur un segment tel qu’une frise chronologique. L’idée de que le temps est représenté sur des espaces définis alors qu’en réalité le temps est expliqué par Bergson comme un mouvement perpétuel et non fragmenté. Les caractéristiques du temps spatialisé sont les suivantes :

  • La réalité dans laquelle nous vivons peut se segmenter en différents points.

  • Les différents segments sont séparés

  • C’est segments sont neutres.

  • Le temps spatialisé est une “vue externe projetée sur les phénomènes”.

Cette vision du temps est alors perturbée avec l’arrivée des outils digitaux qui vient également linéariser mondialement la conception du temps. En effet, les société polychronique et monochronique tendent à disparaître au profit d’une conception plus mondialisé du temps.

 

Une remise en cause de la hiérarchie

Les outils digitaux ont permis de revoir totalement la vision de la hiérarchie. Les nouvelles entreprises suivent ce mouvement tandis que certaines plus anciennes se digitalisant suivent la tendance. Nous observons alors 3 principaux phénomène dû à l’arrivée des NTIC dans nos organisations.

  • Un aplatissement des hiérarchie des organisations
  • Une réduction de la tailles des organisations
  • Le fonctionnement de management par projet. Les missions en entreprises fonctionnent en projets distincts. 

Une évolution des frontières de l'entreprise

Les firmes avec le développement du digital n’ont plus les mêmes frontières. La communication est devenu plus facile ce qui a notamment participé à l’internationalisation des organisations mais également à l’internationalisation des partenariats inter organisationnels. Il est alors plus facile pour les organisations de contrôler des éventuels fournisseurs étrangers. Enfin, le digital offre la possibilité de développer des ventures, des entreprises étendues, l’innovation collective ou encore des clusters économiques.